Tout savoir sur le cuir végan

Cuir végan : une alternative éthique au cuir animal

Depuis quelques années, le cuir végan fait doucement son entrée dans les mœurs. 

Pour lutter efficacement contre la fast-fashion et répondre aux nouvelles demandes d’une société éveillée, les industries du textile et de la mode doivent se tourner vers des fabrications éthiques et durables, et cela, sans altérer les différentes caractéristiques de la matière. 

Si la qualité du cuir n’est pas remise en question, son procédé de production est quant à lui fortement critiqué. Cuir végan ou cuir végétal : vers quelle alternative se tourner ?

Qu’est-ce que le cuir végan ?

Le cuir végan est un matériau responsable qui dans ses finitions a l’aspect du cuir animal, sans pour autant nuire au moindre être vivant. En effet, le cuir végan est réputé pour n’utiliser qu’un certain nombre de matériaux synthétiques tels que le plastique recyclé, ou naturels comme le liège, l’ananas et l’eucalyptus. Dans le processus de fabrication, aucun produit de source animal n’est utilisé, ce qui en fait un produit labellisé “cruelty free” ou en français “sans cruauté animal”. Il s’agit donc d’une alternative au cuir animal, plutôt tendance en ce moment dans le milieu de la mode. Sac, bracelet, chaussures ou encore ceinture : le cuir végan prend toutes les formes.

Mais le cuir végan est aujourd’hui à l’essence d’une polémique liée à l’emprunt du terme “cuir”. En France, le cuir est un terme déposé. Cela signifie que son usage est encadrée par un décret qui définit la matière comme étant « le produit obtenu de la peau animale au moyen d’un tannage ou d’une imprégnation conservant la structure naturelle des fibres de la peau”. Si elle peut être issue des bovins, des porcins, des reptiles, des poissons ou encore des oiseaux, elle ne peut techniquement pas être d’originale végétale. Cependant, si le cuir végan n’existe pas, les différentes alternatives sans cruauté animale séduisent les consommateurs qui portent une attention toute particulière à la mode éthique et aux marques responsables.

Cuir végan, cuir végétal ou cuir animal : quelles différences ?

Le cuir animal, dans les mœurs depuis la nuit des temps

Le cuir animal consiste en la transformation d’une matière putrescible (peau d’un animal) en un produit durable et robuste. Le cuir animal est travaillé par les hommes depuis la préhistoire. Le cuir est principalement issu de grands mammifères tels que le bœuf et le porc, mais peut aussi provenir d’animaux sauvages comme les kangourous, les crocodiles et les serpents. 

Le cuir animal est obtenu à la suite d’un processus de tannage. Le tannage du cuir consiste à transformer les peaux animales en cuir par un traitement chimique qui modifiera entre autre sa souplesse et sa résistance. Si le tannage au chrome est le plus fréquent, c’est parce qu’il est d’emploi plus rapide et d’un coût moindre. En revanche, son impact écologique en fait un matériau particulièrement polluant. De plus, les conditions sanitaires qu’il demande impliquent aux ouvriers de s’exposer à des toxines toutes plus dangereuses les unes que les autres pendant qu’il travaille le cuir animal. 

Si aujourd’hui l’usage du cuir animal est controversé, c’est essentiellement à cause du traitement réservé aux animaux, mais aussi pour réglementer les produits chimiques utilisés lors de sa fabrication. À l’heure où l’éveil des consciences prend le dessus sur tout, il devenait indispensable de trouver une alternative aussi robuste que le cuir animal sans pour autant faire des derniers instants d’un animal une scène de torture.

Le cuir végétal, une appellation trompeuse

Le cuir végétal porte son lot de contradictions. À tort, on pourrait penser qu’il s’agit d’une matière écologique, qui ne porte pas atteinte aux animaux, mais il s’agirait d’une erreur. Le cuir végétal est bien fait de peau animale. La différence se porte sur le fait que son tannage est quant à lui végétal. Pour ce procédé de fabrication, les tanneurs utilisent par exemple du chêne, du châtaignier ou encore de la rhubarbe selon l’effet qu’ils veulent donner au cuir végétal.

Si le cuir végétal semble être un premier pas vers une alternative écologique, on ne peut vous cacher que dans la plupart des cas, des modifications chimiques et les traitements industriels (coupe des arbres, traitements pour l’extraction des tanins…) sont tout aussi polluants pour l’environnement. Certes, l’impact environnemental est moins important que celui de la fabrication de cuir artisanal (émissions de sulfate d’hydrogène, pesticides, conservateurs, solvants, etc.) mais il n’est pas pour autant la meilleure alternative en termes de polluants. 

Le cuir végan, la solution miracle ?

Face à la prise de conscience concernant la pollution générée par l’industrie de la mode et la souffrance animale dans les abattoirs, le cuir végan semble s’imposer comme une alternative écoresponsable et cruelty free. 

Attention cependant : le cuir végan ne signifie pas sans impact pour l’environnement. Pour aboutir à une matière souple se rapprochant du cuir, d’autres substances chimiques de synthèse sont parfois ajoutées lors du processus de fabrication, dénaturant alors la volonté de consommer éthiquement. De plus, la distance parcourue par les matières premières entre l’origine de production, les sites de transformation et les ateliers de confection peut avoir un bilan carbone plus ou moins impactant.

Ainsi, pour changer ses habitudes en profondeur et consommer en pleine conscience écologique, il ne suffit pas de s’arrêter au champ lexical du véganisme, mais il faut plutôt s’intéresser au lieu et conditions de production. Actuellement, les alternatives au cuir véritables disponibles sur le marché sont :

  • Le cuir d’ananas : fabriquée à partir des feuilles de l’ananas, cette alternative est biodégradable et à l’impact environnemental minime lorsque les fruits sont issus d’une plantation contrôlée. Le cuir d’ananas offre un matériau résistant et souple, et se présente sous diverses textures pour prendre la forme que l’on souhaite y donner.
  • Le cuir d’eucalyptus : les fibres prélevées sur les feuilles d’eucalyptus offrent également un matériau très résistant après fabrication. Actuellement, le cuir d’eucalyptus est produit en Allemagne en circuit court.
  • Le cuir de champignon : aussi appelée muskin, le cuir de champignon s’obtient à partir des chapeaux des champignons. Ne nécessitant pas de tannage chimique, ce cuir est à la fois biodégradable et parfaitement écologique. Il peut s’apparenter à du daim par ses qualités et sa souplesse.
  • Le cuir d’hévéa : le cuir d’hévéa est réalisé à partir de la sève de l’arbre à caoutchouc. On obtient alors un latex végétal particulièrement élastique, résistant et 100% écologique.
  • Le liège : on retrouve le liège particulièrement dans la maroquinerie. Naturel et léger, mais aussi imperméable et résistant, le liège est de plus en plus utilisé de la même façon que le cuir. On le récolte de l’écorce du chêne-liège. Sa conception est éthique ainsi que sans impact environnemental.

D’autres matières existent sur le marché et se révèlent toutes aussi intéressantes les unes que les autres d’un point de vue écologique. Parmi les distributeurs les plus populaires, on retrouve l’espagnol Piñatex® pour le cuir d’ananas, l’italien Muskin® pour le cuir de champignon, mais aussi Vegea® pour le cuir de raisin ou Apple Skin® pour le cuir de pommes. Dans le même domaine, de plus en plus de matières oubliées sont remis au goût du jour : c’est notamment le cas du lin ou du chanvre textile.

Le cuir végan, c’est donc une alternative parfaitement acceptable à l’instar du cuir végétal. Si le constat qu’il n’existe pas d’alternative 100% biodégradable au cuir animal peut être décevant, on peut néanmoins se réjouir de l’avancée des technologies beaucoup moins polluantes. Le cuir végan reste quant à lui une meilleure option, qu’il s’agisse de bien-être animal ou d’écologie. Pour vous aider à choisir des produits véritablement végans, vous pouvez vous renseigner sur la marque qui les produit, sur ses valeurs et ses modes de productions.