La fast fashion est le terme anglo-saxon pour désigner la mode rapide. Très en vogue, on la retrouve aujourd’hui dans toutes les multinationales spécialistes de la mode telles que Zara, Pull & Bear, Stradivarius, Bershka ou encore H & M. Mais alors, c’est quoi la fast fashion exactement ?
Qu’est-ce que la mode fast fashion ?
La fast fashion, ou littéralement « mode rapide » en français, désigne une tendance très répandue dans l’industrie de la mode : le renouvellement ultrarapide des collections proposées en magasin. Ici, le principe est de créer un besoin constant de nouveauté auprès des consommateurs en proposant des articles à très bas prix à la vente, sur des tendances qui seront très vite oubliées.
Héritée du XXe siècle avec l’émergence du « lean management », une méthode de gestion et d’organisation du travail qui vise à améliorer les performances d’une entreprise et la rentabilité de sa production, la fast fashion s’est très rapidement imposée dans l’ensemble des industries. Pourtant, elle n’est pas sans coût. De façon à minimiser la production, à fabriquer en flux tendu et à réduire les délais d’approvisionnement, les industries n’hésitent pas à faire utiliser des techniques scrupuleuses qui engendrent de nombreux problèmes sociétaux et environnementaux dans les pays en développement.
La fast fashion : un désastre pour l’Homme et l’environnement
Un impact environnemental phénoménal
La multitude d’étapes nécessaires à la confection d’un vêtement participe au lourd bilan environnemental de l’industrie de la mode : production de matières premières, transformations, transports… Chaque étape de confection entraîne une pollution des sols et des eaux, et une consommation d’eau et d’énergie dans des quantités irraisonnées. Le polyester et le coton sont deux des principales fibres utilisées à la production de ces vêtements et articles de faible qualité.
Le polyester, fléau des mers
Apprécié pour son élasticité, sa légèreté et son faible pouvoir absorbant, le polyester est devenu la matière la plus utilisée par l’industrie textile. Le problème ? Lorsque vous passez vos vêtements à la machine à laver, des microfibres plastiques se détachent et sont relâchées dans les cours d’eau, puis dans les océans. Fibre synthétique dérivée du pétrole, le polyester est un fléau pour les mers et océans : ingéré par les organismes marins, il contamine toute la chaîne alimentaire et se retrouve même sur les étals du marché, jusqu’à vos assiettes.
Le coton, roi des pesticides
Le coton est l’une des matières végétales préférées des consommateurs. Pourtant, il s’agit de la culture la plus gourmande en eau et en pesticide. En effet, cette plante exige beaucoup d’apports d’engrais chimiques et de pesticides, qui s’infiltrent par la suite dans les nappes phréatiques et encouragent la prolifération d’algues. Ces développements peuvent avoir des impacts sur la santé en raison de la libération de toxines. De plus, le coton nécessite des volumes d’eau considérables pour l’irrigation. On estime que la conception d’un jean nécessite 7500 litres d’eau, soit l’équivalent de 50 baignoires remplies. Pour se faire, l’eau des rivières, des lacs et des nappes phréatiques est détournée vers les plantations, privant ainsi les habitants de ces régions d’ores et déjà limitées en eau douce.
Les produits chimiques, ennemis de la biodiversité
Ethoxylates de nonylphénol, colorants azoïques, phtalates, formaldéhyde… de grands polluants qui se cachent derrière les teintures des vêtements. Selon l’ADEME à nouveau, 20% de la pollution des eaux dans le monde serait due aux teintures du secteur textile fragilisant encore les écosystèmes aquatiques. À ces produits toxiques s’ajoutent les composés perfluorés destinés à rendre les surfaces imperméables et antitaches. Ces PFC, particulièrement volatiles, peuvent affecter les systèmes reproducteur et endocrinien des animaux. Un poids croissant pour le climat et la biodiversité.
Un coût social dramatique
Le combat des paysans face à Bayer-Monsanto
Depuis l’introduction en 2002 du coton génétiquement modifié en Inde, les récoltes ont doublé et le pays s’est hissé au rang de deuxième producteur mondial de coton. Mais ces variétés transgéniques n’ont pas profité aux cultivateurs indiens. Au contraire même : elles sont à l’origine du surendettement de la plupart d’entre eux. Ces nouvelles semences développées en laboratoire sont prolifiques, à condition d’un entretien spécifique à base d’engrais et pesticides. Beaucoup de ces agriculteurs ont donc dû revoir leur façon de cultiver pour s’enfermer dans une dépendance aux semenciers comme Bayer-Monsanto.
Leur propre santé est mise à rude épreuve : principal prédateur du coton, le ver rose est vite devenu résistant au coton transformé, nécessitant de redoubler les épandages, parfois sans aucune protection. L’entreprise allemande a bien évidemment rejeté toute responsabilité en justifiant le manquement à ses promesses par « la mauvaise gestion des récoltes ainsi que les conditions météorologiques difficiles ».
Des ouvrières surexploitées en Asie du Sud
La majorité des vêtements vendus en France sont fabriqués au Bangladesh et au Pakistan. Cet avantage a fait du pays le deuxième exportateur de textile au monde, derrière la Chine, mais a considérablement dégradé les conditions de travail dans ces pays. En effet, les journées de travail sont souvent effroyables : gros taux horaire pour un faible revenu, travail à la chaîne dans des conditions sanitaires minimales, absence de reconnaissance et de contrat, travail des enfants… Derrière un joli t-shirt à cinq euros se cache un atelier de misère où mesures sanitaires, droits humains et droits du travail sont bafoués.
Le fast fashion en quelques chiffres
– 130 milliards de vêtements sont consommés par an dans le monde (source)
– 1,2 milliard de tonnes de gaz à effet de serre sont émises chaque année par le secteur du textile : un impact plus important que les vols internationaux et le trafic maritime réunis (source)
– Sur un t-shirt vendu 29€ en Europe, les ouvrières asiatiques touchent en moyenne seulement 0,18€ (source)
3 conseils pour agir à son échelle contre le fast-fashion
Face aux conséquences environnementales et sociales de la fast fashion, nous pouvons agir ensemble pour faire diminuer les inégalités et contribuer à ce que le slow fashion devienne la norme. Pour cela, de nombreuses alternatives existent, et ça commence par trois petits gestes au quotidien :
- En valorisant le seconde-main (en triant ses placards régulièrement, en achetant à des particuliers)
- En privilégiant les marques écoresponsables (upcycling, commerce équitable, relocalisation, matières recyclées)
- En prenant soin de ses vêtements (lavage à froid, lessive écologique, séchage à l’air, rapiéçage)
La fast-fashion, c’est donc la production rapide et à bas prix de tonnes de tissu qui seront après quelques mois seulement jetés, brûlés ou déversés dans les décharges. En somme, la fast fashion est une mode jetable, uniquement nourrie d’une dépendance à la consommation de masse. Une simple prise de conscience des consommateurs serait suffisante pour la faire disparaître. À nous donc de faire les bons choix en consommant moins, mais mieux et en choisissant les bons textiles, comme la fibre de chanvre.